Essai, Féminisme

Ne suis-je pas une femme ? Femmes noires et féminisme, de bell hooks

Bell hooks

Titre originalAin’t I a Woman ?: Black women and feminism

Date de publication : 1981

Sortie française : 2015

Editions : Cambourakis

Nombre de pages : 294

Genre : Essai, Féminisme

Lu dans le cadre du club féministe « Une chambre à nous »

Emprunté à la bibliothèque universitaire

La quatrième de couverture

« Ne suis-je pas une femme ? », telle est la question que Sojourner Truth, ancienne esclave, abolitionniste noire des États-Unis, posa en 1851 lors d’un discours célèbre, interpellant féministes et abolitionnistes sur les diverses oppressions subies par les femmes noires : oppressions de classe, de race, de sexe. Héritière de ce geste, Bell Hooks décrit dans ce livre devenu un classique les processus de marginalisation des femmes noires et met en critique les féminismes blancs et leur difficulté à prendre en compte les oppressions croisées. Un livre majeur du « black feminism » enfin traduit plus de trente ans après sa parution ; un outil nécessaire pour tous à l’heure où, en France, une nouvelle génération d’afro-féministes prend la parole.

Ce que la lectrice scarabée en a pensé

Ne suis-je pas une femme ? Femmes noires et féminisme de bell hooks était le deuxième livre à lire pour le club de lecture : Une chambre à nous pour le mois de février / mars dont le thème était l’afro-féminisme. Donc, oui je suis en retard car j’ai terminé ce livre début avril (et donc en retard aussi pour ma chronique mais on fait comme on peut n’est-ce pas ? :’) )

Cela faisait un moment que je voulais découvrir des ouvrages afro-féministes (pour en savoir plus sur le féminisme intersectionnel tout ça tout ça). Grâce à ce club de lecture, j’ai toujours l’occasion de découvrir des ouvrages très intéressants dont je n’aurais pas lu, soit par manque de temps ou soit par priorité de lecture. C’est pour ça que si ça vous branche, je vous encourage vivement à intégrer un club de lecture qui vous corresponde  ! Mais bref, là n’est pas le sujet.

L’afro-féminisme était un sujet que je connaissais mal c’est vrai. En tant que femme blanche, j’ai des privilèges : je ne subis pas le racisme. J’en suis consciente et c’est pour ça que c’est important de s’informer sur d’autres sujets que le féminisme très blanc que l’on peut connaître. Selon moi, le féminisme doit être un féminisme où chaque femme puisse s’y retrouver. Ce qui n’a jamais été le cas auparavant.

Dans son essai, bell hooks retrace l’histoire des femmes noires subissant deux violences discriminatoires au cours de leur vie : le racisme et le sexisme. L’autrice part de l’esclavage jusqu’aux années 60 environ pour montrer ces différentes formes de violences. Elle fait le point sur l’histoire des afro-féministes dans l’histoire aux États-Unis et rappelle que le féminisme a toujours été blanc et a toujours exclu les femmes.

J’ai énormément appris grâce à ce livre et grâce à bell hooks. Si je pouvais je partagerais tout ce qu’elle dit mais ce n’est pas possible. Mais c’était un livre très enrichissant. Je l’ai lu très lentement car il demande tout de même une certaine concentration.

C’est un livre qui m’a profondément énervé car je ne doutais pas que les femmes blanches pouvaient être aussi méchantes avec les femmes noires pendant l’esclavage et même encore aujourd’hui. bell hooks m’a ouvert les yeux sur le fait que l’on peut être à la fois une femme et être à la fois l’oppresseure. 

Je vous invite à lire ce livre car chaque page nous apprend des choses sur une histoire qui ne peut plus invisibilisée ni niée.

Je tiens à remercier la maison d’édition Cambourakis et à la traductrice Olga Potot d’avoir traduit ce livre en utilisant l’écriture inclusive. Cela a rendu ce livre encore plus important. C’est un essai très compréhensible et vraiment à portée de tous.tes.

J’estime que de nos jours, l’intersectionnalité est fondamentale et nécessaire. Toutes les voix des femmes méritent et doivent être entendues par tous.tes. Bref, cet essai de bell hooks est un indispensable qui doit être lu.

Je choisis de me réapproprier le terme « féminisme », pour insister sur le fait qu’être « féministe » dans un sens authentique, c’est vouloir la libération des rôles sexistes, de la domination et de l’oppression pour toutes les personnes, femmes et hommes.

Je pourrais en dire beaucoup plus sur ce livre mais je n’ai pas envie de tout dévoiler. Chaque personne doit découvrir ce livre. Vous en ressortirez différent.e.s .

( Est-ce que je suis totalement in love de bell hooks ? OUI )

Dîtes-moi dans les commentaires si vous avez déjà lu ce livre ou si cet essai de bell hooks vous intéresse !

PS : je fais exprès de ne pas mettre le prénom et le nom de l’autrice en majuscules car ce n’est pas son vrai nom et sur le livre son nom était en minuscule. J’ai donc voulu respecter le choix de l’autrice : « hooks a forgé son pseudonyme à partir des noms de sa mère et de sa grand-mère. Son nom emploie des initiales minuscules, de manière non-conventionnelle, ce qui signifie pour elle que le plus important dans ses travaux est la « substance des livres, pas ce que je suis » » merci Wikipédia et merci Cyrielle pour avoir répondu à cette question hihi. 

Prenez soin de vous et à bientôt pour le reste de mes chroniques en retard :’),

Camille

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10 réflexions au sujet de “Ne suis-je pas une femme ? Femmes noires et féminisme, de bell hooks”

  1. J’ai découvert cette autrice (de nom) il y a peu, mais cette fois, tu me donnes très envie de la découvrir. Comme toi, l’afro-féminisme n’est pas un sujet que je connais très bien et ce livre serait l’occasion d’élargir mon horizon. Je note, merci beaucoup pour la découverte !

    Aimé par 1 personne

  2. J’ai très très envie de le lire ! Je connais Bell Hooks depuis un moment déjà mais je n’ai pas encore eu le temps de me pencher sur ses écrits. Ce sera donc l’occasion ; je devrais peut-être me faire un essai par mois, afin de découvrir des livres de ce genre.
    Merci pour ton retour en tout cas ; c’est encore plus engageant =)

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  3. Je ne connaissais pas du tout ce livre et tu m’as fortement donné envie de le lire !
    C’est toujours très intéressant (enfin selon moi^^) de découvrir d’autres manière de penser le féminisme et de l’aborder !
    Et merci pour le petit mot de la fin sur l’autrice, j’aime beaucoup son parti pris ! =)

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  4. J’avais adoré cet essai, et la préface d’Amandine Gay est super intéressante pour remettre l’afroféminisme américain en parallèle avec la situation française un peu différente (puisque c’est surtout notre histoire coloniale qui conduit au racisme à la française), en abordant les points communs et divergences.
    En tout cas, c’est vraiment un livre à lire, j’espère lire le reste de ses essais maintenant !
    (Et je suis bien d’accord avec toi, Cambourakis ont fait un super job)

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    1. Oui j’avais beaucoup aimé la préface d’Amandine Gay ! D’ailleurs, je n’ai toujours pas vu son film documentaire Ouvrir la voix que je veux absolument découvrir.
      J’espère lire le reste des ses essais aussi :).
      Merci pour ton commentaire !

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  5. Ca fait un moment que je lorgne sur ce livre… et toujours sans l’acheter ! Ta chronique est convaincante en tout cas 🙂

    J’ai bien vu sur Insta que cet essai te plaisait beaucoup, donc je ne suis pas surprise 😉

    Aimé par 1 personne

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